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Être antifa, pas un truc de pd ?

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Petit avertissement, ce tract a été fait à la va-vite pour être distribué au rassemblement antifasciste contre la conférence organisée par breizh info à Quimper le 4 février 2017. Il n’avait pas du tout pour vocation d’être publié.
Suite à des comportements et des propos que nous avions mal vécus lors de précédents rassemblements antifa, il nous paraissait important de réagir. Nous aurions aimé écrire quelque chose de plus personnel mais par manque de temps nous avons choisi de reprendre des morceaux de 3 articles trouvés sur internet : Décryptage d’un site de ré-information, Manifestation antifasciste le 10 avril dernier à Lyon et Surveille ton langage !

Le fascisme tue tous les jours à travers le monde, la fRance et la Bretagne ne sont pas des exceptions !

Des meufs voilées ou pas sont victimes du fascisme. Des personnes en exil, des antifascistes sont attaqué-e-s et parfois tué-e-s. Des flics tuent impunément des jeunes de quartiers populaires, des personnes psychiatrisé-e-s…
Nous avons vu des manifestations racistes, islamophobes, antisémites, transphobes, misogynes et homophobes qui furent de véritables appels aux meurtres dont nous connaissons les conséquences ; exclusions, agressions verbales, physiques, sexuelles… dans la rue, au taf, au domicile, à l’école...

Le racisme, l’islamophobie, la haine anti "migrants" véhiculés par l’état, le front national et autres partis de droites comme de gauche est aujourd’hui largement relayé par des sites comme breizh info sous couvert de ré-information. Que l’extrême droite s’exprime ça n’a rien de nouveau. En revanche ce qui se passe, depuis quelques années déjà, c’est qu’elle avance masquée.

De plus en plus, les idées d’extrême droite s’expriment de manière diffuse : sur internet ça s’est d’abord vu par la prolifération de commentaires racistes, xénophobes un peu partout sur youtube ou facebook. Puis les militants identitaires et d’extrêmes droites ont profité du regain de leurs idées pour lancer leur propres sites d’information sans afficher clairement leur idéologie politique comme le fait Breizh info.

Leur but est de "traiter de l’actualité bretonne et internationale sans concession", "d’écrire les faits, rien que les faits" en "les mettant en perspective les uns avec les autres", ce qui pose déjà un problème, une mise en perspective signifie analyse, et donc de ne pas décrire uniquement les faits…

La rubrique "la Bretagne orange mécanique" en est un bel exemple. Concrètement cette rubrique consiste à regrouper les faits-divers déjà largement médiatisés dans les médias locaux, régionaux et nationaux, afin de les accumuler et d’en donner une prétendue analyse critique plus profonde.

Cette analyse n’a rien de bien nouveau, c’est l’éternelle rengaine contre la petite délinquance des quartiers pauvres, le prétendu laxisme de la justice, les danger de la délinquance issue de l’immigration … Ajoutez à cela une pincée d’articles anxiogènes concernant des viols, des agressions gratuites ou des cambriolages et vous obtenez tout sauf un outil de réflexion mais plutôt une machine à créer la peur et la suspicion.

Depuis un certain temps déjà, les rédacteurs de Breizh info s’essayent à une propagande pseudo féministe pour appuyer leur idéologie raciste et islamophobe. Ils s’insurgent contre le viol mais uniquement quand il s’agit de dénoncer des agressions de personnes non blanches sur des femmes françaises de souches comme ils disent. Tout ça bien évidemment, à côté d’articles profondément antiféministes, cathos, réacs, pros life et homophobes (ex : propagande manif pour tous, marche pour la vie, anti ivg, messe en breton...). Nous voudrions leur rappeler que nous sommes les mieux placé-e-s pour savoir par qui nous nous faisons agresser et violer. Il se trouve que pour la majorité d’entre nous, c’est par des hommes blancs plutôt proche de notre entourage...

Face à ces attaques et provocations de nombreuses personnes ont décidé de se rassembler, de manifester contre la tenue de la conférence organisée par Breizh info ce samedi 4 février. En tant que meufs, féministes, trans, pédés, gouines, bi-e-s, vegan-e-s antifascistes nous avons décidé de rejoindre cette manifestation afin de montrer à ces fafs toute notre rage.

Si nous avons choisi de manifester aujourd’hui c’est contre leur présence mais aussi en réaction au racisme d’État, au retour aux sacrosaintes valeurs familiales, à l’islamophobie ambiante, aux relents liberticides de l’État, au négationnisme, à l’hétéropatriarcat capitaliste, à la xénophobie à peine voilée qui envahissent nos quotidiens ; mais aussi contre la lesbophobie, le patriarcat, l’homophobie, la transphobie, ou encore le sexisme qui sclérosent nos milieux.
Nous refusons que nos luttes soient instrumentalisées pour cautionner les politiques racistes, patriarcales impérialistes, islamophobes et xénophobes.

Mais nous ne voulons pas non plus défiler à coté de nos agresseur-e-s ! Nous affirmons qu’il est possible pour l’ensemble du mouvement antifasciste de lutter sans perpétuer le sexisme, l’homophobie, la transphobie, ou le validisme, alors commence par surveiller ton langage. Non les fafs et les flics ne sont pas des pd, des enculés, des porcs, des batards, des fils de putes, etc !!!

"Donneurs-euses de leçon", "police de la pensée", "gardien-nes du politiquement correct"

Souvent, quand on approche quelqu’un qui vient de donner dans le sexisme/racisme/homophobie, il y a des réactions très vives. D’abord parce que la personne, surtout si elle se considère comme sincèrement de gauche, progressiste, antiraciste, féministe etc. va prendre cette remarque comme une attaque. C’est plutôt bon signe, d’autres en tirent une fierté. Maintenant il faut faire le reste du chemin.
Donc il y a ce réflexe d’à la fois nier le caractère oppressif de son propos et de sortir cette merveilleuse phrase devenue culte : mais on ne peut plus rien dire…
NON. Non on ne va pas brûler les œuvres des artistes et auteur-e-s parce qu’elles comportent du racisme ou du sexisme. On ne va pas interdire les films, les séries et les chansons. On ne va rien interdire du tout. Par contre on va s’autoriser à réfléchir. A réfléchir à ce que l’ON dit chaque jour, ce que l’ON répète, ce que l’ON véhicule. Ce que l’ON construit.

Une autre objection consiste à décréter que le sexisme, le racisme, l’homophobie étant présents dans le langage "populaire", il serait élitiste, infantilisant et contre-productif de faire trop attention à sa façon de parler, parce que ça risquerait "de ne pas faire peuple". C’est vraiment avoir une piètre et fausse opinion des classes populaires. Penser que se préoccuper des oppressions véhiculées par les mots c’est "du militantisme de salon", c’est ne pas vouloir questionner son propre rapport à l’oppression, c’est se croire inoffensif. C’est aussi confondre un discours "lissé" et un discours respectueux. On peut être radical et subversif sans insulter un groupe donné.

Entendons nous bien, avoir un propos oppressif par habitude de langage, par "maladresse" dans son "humour", par ignorance de la portée oppressive du truc, ça n’est pas dramatique. A ce stade là, ça peut rester "une boulette". Ou une simple démonstration que l’on participe à un système de domination. Par contre, ce qui rend le truc vraiment dégueulasse, c’est lorsque, une fois interpellé-e sur la question, on nie le truc, on refuse de le reconnaitre. Car on nie sa position d’oppresseur et surtout on nie le fait que les personnes victimes soient blessé-e-s/insulté-e-s/fatigué-e-s… par ces propos. Ce qui aggrave encore plus le cas, c’est lorsque l’on recommence consciemment ensuite, malgré les remarques.

Personne n’est né-e avec un kit de détection d’oppression dans le cerveau. Personne n’a de façon innée un langage et un discours dénué de toute oppression. Nous mêmes, qui rédigeons ces lignes, nous avons tenu et continuerons sûrement malheureusement à tenir parfois des propos oppressifs. Le tout est d’être attentif aux personnes qui nous le signalent. De présenter des excuses si nécessaires, de travailler dessus, de ranger son égo de côté. De signaler à notre tour aux autres ce qui ne va pas. De réfléchir à ce que l’on transmet, ce qu’on renvoie. Tenir un propos raciste ou sexiste ne vous condamne pas à être un-e raciste ou un sexiste à vie. C’est à vous de voir ce que vous faites maintenant.

Nous, nous ne nous laisserons plus faire et risposterons contre l’état et ses partis complices ainsi que son armée et ses flics qui protègent nos agresseurs et nos assassins. Nous continuerons de lutter contre toutes les formes de fascisme car nous voulons une société où les musulman-e-s, Juif-ve-s, Rom-e-s, Exilé-e-s, Trans, Pédés, Gouines, Bi-e-s et tous les animaux (humain-e-s et non humain-e-s) etc. soient libres de vivre et d’être elleux mêmes !

Nous, trans-pédés-gouines-meufs féministes, mais plus encore, fems, séropos, butchs, avortées, putes, salopes, psychiatrisé-e-s, asexuel-le-s, trav’, folles, femmes, filles, hystériques, et autres « fléaux sociaux », reprenons la rue, fièr-e-s et en colère !

Fascistes cassez vous, vous n’êtes pas les bienvenus à Quimper ou ailleurs !!!

Face aux islamophobes, racistes et autres réacs, solidarité et autodéfense

Adresse à ceux qui se croient normaux
Vous ne vous sentez pas oppresseurs. Vous baisez comme tout le monde, ça n’est pas votre faute s’il y a des malades ou des criminels. Vous n’y pouvez rien, dites-vous, si vous êtes tolérants. Votre société – car si vous baisez comme tout le monde, c’est bien la vôtre – nous a traité comme un fléau social pour l’État, l’objet de mépris pour les hommes véritables, sujet d’effroi pour les mères de famille.
Les mêmes mots qui servent à nous désigner sont vos pires insultes.
Avez-vous jamais pensé à ce que nous ressentons, quand vous mettez à la suite ces mots : « salaud, ordure, tapette, pédé » ? Quand vous dites à une fille : « sale gouine » ?
Vous protégez vos filles et vos fils de notre présence, comme si nous étions des pestiféré-e-s.
Vous êtes individuellement responsables de l’ignoble mutilation que vous nous avez fait subir en nous reprochant notre désir.
Vous qui voulez la révolution, vous avez voulu nous imposer votre répression.
Vous combattiez pour les noirs et vous traitiez les flics d’enculés, comme s’il n’existait pas de pire injure. Vous, adorateurs du prolétariat, avez encouragé de toutes vos forces le maintien de l’image virile de l’ouvrier, vous avez dit que la révolution serait le fait d’un prolétariat mâle et bourru, à grosse voix, baraqué, roulant des épaules. Savez-vous ce que c’est, pour un jeune ouvrier, que d’être homosexuel en cachette ? Savez-vous, vous qui croyez à la vertu formatrice
de l’usine, ce que subit celui que ses copains d’atelier traitent de pédale ?[…]
Nous disons ici que nous en avons assez, que vous ne nous casserez plus la gueule, parce que nous nous défendrons, que nous pourchasserons votre racisme contre nous jusque dans le langage. Nous disons plus : nous ne nous contenterons pas de nous défendre, nous allons attaquer.
Nous ne sommes pas contre les « normaux », mais contre la société « normale ». Vous demandez : « Que pouvons-nous faire pour vous ? »
Vous ne pouvez rien faire pour nous tant que vous resterez chacun le représentant de la société normale, tant que vous vous refuserez à voir tous les désirs secrets que vous avez refoulés. Vous ne pouvez rien pour nous tant que vous ne faites rien pour vous-mêmes.

Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire, avril 1971

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