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Brèves de CAO

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« Ces faits peuvent sembler anecdotiques mais énumérés de la sorte, ils donnent la mesure du carnage. »


Le gouvernement a judicieusement dissimulé la destruction du bidonville de Calais (et l’expulsion de ses habitants) sous le masque d’une « opération humanitaire ». Il a bien sûr pu compter sur le soutien dévoué de plus de 700 journalistes, accrédités et baladés comme au zoo. Il fallait s’assurer que les bougres filmaient bien ce qu’il fallait et qu’ils repartiraient tous, deux jours plus tard, repus d’images de migrants soulagés et reconnaissants, dont raffolent ces artisans du storytelling étatique. Sauf que le vernis s’est vite écaillé une fois les cameras remballées.

Au bout de trois jours, le nombre de départs est en dessous des prévisions. Les journalistes les plus zélés ne sont soudain pas bienvenus, le HCR se retire du hangar de « tri » en signe de protestation, de même, MSF quitte le terrain, et pendant ce temps-là, la jungle flambe miraculeusement.

L’opération est un succès, la préfète exulte.

Mais si à en croire les reportages de France Info, l’ambiance dans les bus était du genre départ en colo, les nouvelles qui nous parviennent depuis les CAO sont moins rassurantes que les cartes postales qu’on vous faisait écrire à la chaine en centres de vacances, quand vous aviez 10 ans. Nombreux sont ceux qui ne sont pas dupes de cette opération avant tout médiatique, mais l’on manque parfois de faits précis pour étayer cette conviction. Voici quelques morceaux choisis susceptibles de fissurer la communication calibrée par les autorités.

  • A l’arrivée à Feuguerolles, dans l’Eure, le nouveau logement des 45 exilés, montés dans le bus dès le lundi 24 octobre, n’a rien à voir avec ce qui leur a été promis. Des lits de camp dans un immense hangar sans fenêtre avec pour tout accueil un gobelet de thé et un rouleau de PQ. Faîtes comme chez vous.
  • A la fin du démantèlement, un jeune homme afghan suivi pour de graves troubles psychiatriques n’a pas eu de place dans un bus. Arrêté en gare, contrôle au faciès oblige, il est placé en CRA sans suivi, ni son traitement. Il comparait quelques jours plus tard devant le juge des libertés. Son avocat commis d’office n’a pas fait les démarches pour obtenir son dossier médical et est trop occupé à discuter avec son collègue représentant de la préfecture pour le défendre. La présence d’amis et d’associatifs, ainsi que sa détresse psychologique manifeste, incitent malgré tout le juge à libérer cet homme. Pour autant, c’est une association qui le logera et un bénévole qui se chargera de le conduire à des centaines de kilomètres de Calais, dans un CAO dit pour « personnes vulnérables » à proximité d’une unité de santé mentale. Hors caméra, la mise à l’abri ne relève donc plus de la préfecture.
  • Les 1800 mineurs isolés étant réticents à s’éloigner de leur projet d’Angleterre pour aller s’enterrer dans des trous paumés aux quatre coins de la France, la préfecture a trouvé la parade : mettre des Anglais dans les bus pour faire monter les gamins dedans ! Prétendument du Home Office (l’instance chargée de statuer sur le regroupement familial au Royaume-Uni), on sait que dans au moins deux bus, ces britanniques n’étaient que des figurants embauchés pour appâter les mineurs et ont disparu à l’arrivée dans les CAO. Certains mineurs, trop malins pour se faire rouler, se sont carapatés en chemin. Si bien qu’à l’arrivée à Marseille, il ne restait plus qu’un mineur dans le bus. La préfecture s’est défendue, arguant que les autres avaient été déposés en Isère. Le CAO avait-il donc été prévu pour n’héberger qu’un seul enfant ?
  • Drôle de coïncidence, tous les départements vers lesquels sont conduits les mineurs sont connus pour être particulièrement sévères dans l’évaluation de la minorité, et pour préférer les tests osseux à l’évaluation sociale. Cette première méthode très prisée, présente une marge d’erreur de dix-huit mois.

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