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[Lorient] Communiqué suite à l’action contre le colloque abolitionniste du Nid

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Ce jeudi 23 novembre, le mouvement du Nid organisait en collaboration avec les universités bretonnes, un colloque « Prostitution : prévenir et accompagner » dans le cadre d’une semaine contre les violences sexistes et sexuelles. Voici notre communiqué

Ce jeudi 23 novembre, le mouvement du Nid organisait, en collaboration avec les universités bretonnes, un colloque « Prostitution : prévenir et accompagner » dans le cadre d’une semaine contre les violences sexistes et sexuelles.

Nous, Putes, putes en devenir et allié-es, trouvons intolérable que cette journée ait lieu sans la présence des premier-es concerné-es, les organisateurs ayant refusé un droit de parole au Syndicat du Travail Sexuel (STRASS), sous prétexte que ce colloque n’était qu’un premier temps de réflexion.

Nous avons décidé de saboter à coup de mots et de paillettes ce colloque en prenant la parole qui nous était interdite.

Le public de Lorient, mais aussi celui de Rennes, Vannes, Quimper et Brest (connectés en vidéo-conférence) ont donc pu assister à ce BASH BACK(riposte féministe queer).

Le Nid était la seule association présente lors de cette journée : une association catholique, abolitionniste, qui se prétend féministe mais rentre en lutte avec des personnes minorisées.

Le Nid nous précarise, nous pénalise, nous envoie en prison, facilite le renvoi de nos collègues sans-papiers, cautionne le harcèlement policier, nous infantilise, prétend savoir mieux que nous ce dont nous avons besoin et comment nous nous sentons.

Nous haïssons le Nid et sa posture PATERNALISTE.

Sous couvert de bonne morale, le Nid veut nous faire sortir de la prostitution pour environ 300€/mois, nous précarisant donc encore plus, nous rendant totalement dépendant-es des institutions, nous victimisant.

Nous revendiquons notre autonomie, notre auto-détermination et notre auto-organisation.

Nous refusons le cliché Prostitution = Viol.

Nous savons que les violences sexuelles se passent surtout dans le cadre de relations intimes.

« Il peut être beaucoup plus difficile de dire non à un homme dans le cadre du couple, de la famille, et de l’amour, que dans le cadre du travail sexuel où les enjeux sont très différents » [Les luttes des putes, p.135]

Nous pourrons abolir la prostitution lorsque le travail sera aboli, et que la précarité aura disparue.

Militants du Nid, arrêtez de faire les mères poules, on a pas besoin d’être couvé-es ; Nous on sait voler et s’envoyer en l’air !

Le communiqué en version PDF :

PDF - 45.7 ko

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  • date forum, par DroitAgraireGermanique

    Yo, petit message de la team modération de Brest Médias Libres :

    On a décidé après longue réfléxion de publier les commentaires proposés pour cet article, cependant, puisqu’on est en désaccord théorique totalavec ces propos, il nous paraissait important de faire un petit recap de la position de BML sur le sujet.

    La volonté du communiqué n’est pas d’affirmer que la prostitution n’est
    en aucun cas, aucun contexte, une violence subie par la personne
    prostituée. Le problème avec le mouvement abolitionniste est qu’il
    affirme que la prostitution est par nature une forme de violence. On
    pourrait être d’accord avec ça dans le sens où tout rapport marchand
    peut être considéré comme un rapport violent, mais ce n’est pas ce que
    vous affirmez puisque la violence qu’est censé ête l’acte de
    prostitution à vos yeux est simplement basée sur une distinction
    moraliste entre ce qui a trait au sexe et ce qui n’y a pas trait (un bon
    héritage de « catho de merde » s’il en est). L’acte salarial ou marchand
    consiste à vendre sa force de travail contre de la valeur, c’est un
    rapport aliénant par nature, mais au sein de ce rapport il n’y aucune
    différence entre « vendre son cul » ou vendre ses biceps, structurellement
    si tu bossse t’es une pute. Ceux qui affirment le contraire sont des
    moralistes, et nous nous battons contre toute morale, nous n’avons
    certes pas le même objectif.
    Personne ne tente d’affirmer que la prostitution ne pose aucun problèmeet n’est jamais mal vécue, elle est un enfermement pour certain-es, elle est violente pour certain-es. De la même façon elle est très bien vécue, mieux vécue qu’un taf « normal » par de nombreuses personnes.
    Le seul objectif du mouvement abolitionniste, de sa rethorique, et des
    lois qu’il participe à écrire est de faire coller le monde à son
    objectif moral, alors que le seul objectif d’un mouvement qui
    prétendrait lutter pour les intérets des putes serait d’être à l’écoute
    de ces interets, c’est à dire de tous les interets différents et contradictoires d’un individu à l’autre. C’est à dire aussi bien, sortir
    de la prostitution qu’y rester, que s’y organiser pour avoir de la prise
    sur cette situation etc...

    "nous sommes nombreuses et nombreux à s’y identifier, et à continuer à
    rêver d’une société où personne n’est forcé-e à vendre sa sexualité"
    Quant à nous nous révons d’un monde où personne n’est forcée de vendre la moindre parcelle de sa vie, et où nous serons débarassés de tout système de domination, y compris le travail et la morale. Ce qui
    implique aussi un monde où personne ne pourra prétendre faire notre bien malgré nous pour satisfaire LEURS aspirations.....

  • date forum, par Abolissimo

    Saboter à visage masqué une activité militante de justice sociale ne fait pas honneur à ses auteurs. On est même en droit de se demander quels intérêts ils défendent réellement, surtout quand les seuls gens « envoyés en prison » sont aujourd’hui des proxénètes et d’autres exploiteurs de la pauvreté des femmes et des jeunes.

    Quand des centaines de femmes sorties de la prostitution ont pris le risque de témoigner à visage découvert que ce qu’elles avaient vécu était bel et bien des viols, il ne suffit pas de qualifier cette réalité de « cliché » et de revendiquer le label de « pute », que la quasi-totalité des femmes prostituées récuse et ressent à raison comme une insulte... même si elles n’ont pas de paillettes ou d’« identité queer ». Ce crachat est lancé au visage de femmes réellement prostituées et qui tentent d’échapper à cette situation en y sensibilisant universitaires et activistes.

    Enfin, il serait désolant que l’auditoire de brest.mediaslibres ne retienne de ce colloque que les insultes anonymes de ceux et celles qui ont tenté de le discréditer, en attribuant faussement au mouvement du Nid les lacunes de l’intervention sociale qu’il a tant fait pour mobiliser et continue à tenter de bonifier. Les mensonges du lobby prostitutionnel ne passent plus comme une lettre à la poste.

    Si pour les « saboteurs », le mot « abolitionniste » est à proscrire, nous sommes nombreuses et nombreux à s’y identifier, et à continuer à rêver d’une société où personne n’est forcé-e à vendre sa sexualité et où les organisateurs de ce marché ignoble en sont tenus responsables.

  • date forum, par yeun

    C’est vraiment faire preuve de mauvaise foi de dire que la parole des « putes, putes en devenir et allié-es »était interdite lors de ce colloque. Les organisatrices ont à plusieurs reprises invité à la prise de parole, et une personne avait même été invitée en amont pour intervenir. Les organisatrices ont reçu en retour des mensonges et des insultes d’une bassesse sans nom : bourgeoise, catho de merde, et j’en passe...

    C’’est par conséquent vraiment dommage que Brest-média-libre se vautre dans la désinformation en publiant ce communiqué.

    Par ailleurs, il est assez révélateur que la seule référence « féministe », qui plus est mal citée (il s’agit de Les luttes de putes - dont la démarche a été analysée par exemple ici : https://scenesdelavisquotidien.com/2015/06/29/prostitution-et-engagement-profeministe/ et non Putes en lutte) soit une production des plus masculine, malgré le qualificatif de « pute » dont s’affuble l’auteur.

    On trouvera de nombreux témoignages de prostitué-es ici :
    https://www.pinterest.fr/ressourcespros/temoignages-de-survivantes-fr/ Ceux-ci valident pleinement la démarche des organisatrices du colloque (qui elles ne cèdent pas devant le capitalisme, le racisme et le sexisme du système prostitutionnel)

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