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Retour sur une petite victoire sociale à Carhaix/Karaez

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Carhaix/Karaez, c’est avant tout le lieu d’un gros festival dans l’imaginaire collectif. Pour les personnes investies dans les luttes, c’est aussi la ville qui a su défendre son hopital en 2008 à coups de catapulte et canon dans les rues de Kemper/Quimper. C’est enfin la grande ville proche de ce vieux bastion rouge du Kreiz-Breizh/Centre-Bretagne.

Il est donc peu étonnant que la seule victoire sociale notable de ces dernières semaines en Bretagne soit le fait de Carhaisien.ne.s. Retour sur cette lutte symbolique.

Premier acte

Dans le cadre plus large de réorganisations dégeulasses à la poste, 20 facteurices de Karaez décident de se mettre en grève reconductible le 2 novembre pour dénoncer leurs conditions de travail mises à mal par la suppression de deux tournées. Sud PTT et la CGT soutiennent les troupes ainsi qu’un comité local d’usager.e.s.


Communiqué de Sud PTT du 17 Novembre

“Depuis le jeudi 2 novembre, les 20 factrices et facteurs titulaires de Carhaix (Finistère) sont en grève reconductible à l’appel de Sud et de la CGT. En cause, la dégradation de leurs conditions de travail et de la qualité du service public rendu aux usager·es, fortement mises à mal depuis la dernière réorganisation en novembre et qui a vu 2 tournées supprimées.”

Deuxième acte

La poste joue la montre et le pourrissement. Les grévistes ne lâchent rien et réussissent à tenir grâce aux soutiens qui affluent de la population et des collègues des alentours. Quelque chose semble se jouer autour du conflit, quelque chose qui semble à voir avec le territoire.

A l’échelle carhaisienne, les conditions semblent réunies pour que la grève soit populaire. La réorganisation touche un service public, dans une zone du Finistère où la défense des services communs fait encore sens. Les luttes autour de la défense des services publics mobilisent là-bas.

Quand c’était l’hopital en 2008, différentes générations et milieux s’étaient retrouvés assez rapidement dans la rue sur des bases assez radicales. Très vite, l’ensemble du mouvement (des militant.e.s aux élu.e.s en passant par les vieux de l’association des anciens combattants) avait assez su porter des modes d’interventions déterminés : envahissement de permanences de députés, blocages d’axes routiers et ferroviaires, occupation déterminée et offensive du centre-ville quimpérois le samedi...

Cette fois-ci, moins d’emplois sont en jeu mais les fruits de ces luttes successives permettent surement de poser quelques bases.

C’est ainsi qu’à la manif du 16 novembre autour des réformes Macron est envahi le bureau de poste par les manifestant.e.s. Le geste n’est pas que symbolique, pendant que les grévistes défilent, les cadres du coin tentent de les remplacer dans leurs services. Tou.te.s ont en tête de mettre fin à ces pratiques anti-syndicales. Très vite, la situation s’envenime.

Communiqué de Sud PTT du 17 Novembre

“Comme à son habitude, La Poste laisse pourrir la situation au plus grand mépris des usager·es en se renvoyant la balle entre la direction de l’établissement et la direction territoriale de Vannes. Pire, elle enfreint même la légalité en employant des intérimaires sur des positions de grévistes. Elle a fait également venir du Finistère, du Morbihan et des Côtes-d’Armor une cinquantaine de cadres pour briser la grève. Au 12e jour de grève, jeudi 16 novembre, un de ces encadrants a même franchi la ligne rouge en n’hésitant pas à frapper physiquement le mari d’une gréviste, après avoir avoir tenté le forcing en voiture contre un rassemblement de soutien aux grévistes. Un autre a même poussé la provocation jusqu’à aller voir plus tard les grévistes en les traitant de "bande d’alcooliques".
Un autre encore leur a adressé un doigt d’honneur en bonne et due forme.
Subtil ! Enfin, comble de la mesquinerie et de l’imbécillité, le direction a même osé couper le câble électrique qui servait à alimenter la cafetière du piquet de grève.”

Happy Ending ?

Le 22 novembre, la grève est finalement victorieuse. Les facteurices obtiennent ce qu’elles et ils demandaient, à savoir une seizième tournée. Sans trop s’avancer, on peut imaginer que le front large qui s’est mis en place autour des grèvistes a pesé sur le choix de la direction de céder.
A l’heure où les postier.e.s rennais.es connaissent une séquence de luttes marquée dans leur services, l’exemple carhaisien apparait comme une petite bouffée d’air dans le marasme ambiant dans lequel est plongé le mouvement social.
Quand c’est une population locale dans son ensemble qui soutien le conflit, y compris physiquement, les patrons semblent plus décidés à négocier...
Kendalc’homp gant ar stourmoù un tamm partout...betek an trec’h ?


Communiqué de Sud PTT fédéral du 22 novembre

“Victoire à Carhaix
SEIZE sur SEIZE pour les factrices et facteurs de Carhaix, en grève depuis 21 jours.
Elles et ils, soutenus par SUD PTT et la CGT, les élus locaux, la population de Carhaix, et plus largement par l’ensemble des postiers du Finistère et de la France entière, ont obtenu cet après-midi la seizième tournée revendiquée depuis le 2 novembre, date de début des préavis de grève illimités.
L’ensemble des Factrices et Facteurs de Carhaix remercient chaleureusement les organisations, les personnes et les nombreux élus qui les ont soutenus financièrement et moralement durant tout ce conflit exemplaire…et ils sont nombreux et de toute la France !”

https://expansive.info/Retour-sur-une-petite-victoire-sociale-a-Carhaix-Karaez-715

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