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[Lannion] Une agora des luttes pour les rassembler toutes

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Si nos combats respectifs ont besoin de médias libres pour être exposés sans filtre, leur réussite nécessite aussi des lieux et des moments de rencontre. Le Front social Lannion-Trégor organise sa première Agora des luttes, le samedi 10 mars. Dans un contexte aussi préoccupant à l’échelle globale que locale. Explications.

Qu’il s’agisse de l’avenir des services publics, du sort des exilés, du droit du travail, du système assurantiel ou de l’environnement, tout converge vers le chacun pour soi. La présidence Macron est une séquence de plus dans cette longue offensive néo-libérale. D’une violence, cependant, aussi aiguë que l’accent qu’il manque à La République en Marche pour comprendson véritable objet.

L’ébullition qui vient ?

Presqu’un an après le tumulte électoral, il semble que le nuage de com’ se dissipe peu à peu.

  • La colère gronde des lycées aux facs contre le désengagement de l’Etat dans l’éducation, qui se traduit par un renforcement des inégalités du fait d’une sélection accrue.
  • La récente mobilisation dans les Ehpad et les services de soins à la personne, secteurs peu syndiqués, démontre que la frontière entre le dépit et l’audace est mince.
  • Malgré la surface prise par les discours d’extrême-droite concernant l’immigration, des milliers de bénévoles agissent par devoir d’humanité, défiant parfois l’autorité. Notamment dans le Trégor.

Le tableau de ce mois de mars 2018 serait incomplet sans observer l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Une victoire historique qu’il serait stupide de minimiser, même si convenons que le sort de ces terres reste en suspens.

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Le Front social Lannion - Trégor avait présenté plusieurs ordonnances Macron sur le droit du travail à travers des saynètes théâtrales, lors du rassemblement intersyndical du 16 novembre 2017, devant l’ancien tribunal de Lannion.

À Bure, c’est l’absurdité même du système nucléaire qui est attaquée. L’insoutenabilité écologique du prolongement des centrales est mise en lumière par l’impossibilité de garantir un stockage des déchets sans nuisance.

Le Trégor en train de crever

La région lannionnaise semble aux premières loges pour observer et subir ce délitement généralisé. Géographiquement enclavé, le territoire s’est développé grâce aux investissements planifiés par l’Etat après-guerre pour y implanter une antenne du Centre nationale d’études et de télécommunications (Cnet, ancêtre de France Télécom puis Orange).

S’il a subi plusieurs crises d’ampleur depuis une bonne trentaine d’années, liées directement à des grandes vagues de licenciements chez France Télécom et Alcatel CIT (devenu Nokia), le Trégor semble aujourd’hui atteindre le stade de l’asphyxie. En témoignent les 82 suppressions de postes programmées chez Nokia et la fermeture de la liaison aérienne avec Orly.

Le vieillissement de la population comme le poids grandissant du tourisme dans l’économie sont d’autres indices inquiétants sur la vitalité d’un pays où le taux de chômage est déjà supérieur à la moyenne nationale.

Le déclin risque de s’accélérer en raison des logiques de rentabilité imposées aux services publics.

  • L’hôpital, premier employeur public et équipement vital s’il en est, voit des services être regroupés, des lits et du personnel du disparaître, au nom d’un éternel « retour à l’équilibre ».
  • La ligne ferroviaire vers Plouaret-Trégor et ses correspondances vers Brest et Montparnasse est menacée par la réforme de la SNCF et fragilisée par les déclarations à l’emporte-pièce d’élus locaux qui entendent maintenant faire rouler des bus vers Guingamp.
  • Les établissements du supérieur, IUT et école d’ingé, sont fragilisées par des regroupements de services administratifs à Rennes et des baisses de dotations qui influencent déjà le volume des enseignements.

En dehors de la ville-centre, les habitants des communes rurales observent la fermeture des bureaux de poste ou des perceptions. Des écoles sont regroupées, des postes d’enseignants sont supprimés. Le pouvoir est dilué dans des intercommunalités géantes, où les décisions sont prises en petit comité avant d’être enregistrées pour la forme dans l’hémicycle du conseil.

L’heure de rassembler

L’expression bataille du rail, de nouveau d’une brûlante actualité, trouve dans le Trégor un écho très particulier. En raison de la Résistance des cheminots puis du combat marathon de ses habitants pour sauver la voie ferrée qui raccorde ce bout de Bretagne au reste du pays et obtenir son électrification. Du Front populaire à Trégor Debout, mouvement syndical contre la désindustrialisation du territoire, les luttes sociales jalonnent l’histoire de cette région.

N’est-ce pas encore ici qu’un des premiers établissements scolaires, si ce n’est le premier, en l’occurence l’IUT, a été bloqué par ses étudiants contre la loi Egalité des chances de Villepin-Chirac, qui introduisait le Contrat premier embauche (2006) à la fin de l’hiver 2006 ?

Deux semaines avant la grève dans la fonction publique (22 mars) à laquelle ont annoncé se joindre les cheminots et peut-être certains secteurs privés, l’Agora des luttes sera l’occasion de tisser des liens et de s’organiser. Les sujets qui nous préoccupent intimement ont souvent la même cause que ceux de la voisine ou du voisin. Il s’agit maintenant de mettre les savoirs en commun (et ses inimitiés de côté) afin de riposter.

L’agora est un lieu ouvert à toutes et tous et non réservé aux militants endurcis. Elle sera réussie si chacun.e y vient accompagné de son voisin de pallier, de sa collègue de bureau ou de son camarade de classe. Le Festival des luttes organisé par les militants anti-projets miniers à Plougonver (22) chaque été depuis deux ans, ou le rassemblement estival de Notre-Dame-des-Landes montrent l’exemple.

L’agora fera intervenir, notamment, le Front social Lannion-Trégor, le Peuple des dunes de Batz à Bréhat, Douar Didoull, Grain de Sable, Stop Tafta-Ceta, Sortir du Nucléaire Trégor, les Buzug anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Attac Lannion, Stop Linky Côtes-d’Armor, Nuit Debout Lannion, AC ! Trégor ou le Collectif de soutien aux sans-papiers du Trégor-Goëlo, Solidaires, la CNT, La France Insoumise, Europe écologie Les Verts ou le Parti ouvrier indépendant et démocratique...

Le programme de l’Agora des luttes

Jeudi 8 Mars

11 h 30 – Centre-ville de Lannion, pendant le marché
Déambulation carnavalesque afin d’annoncer l’agora

Samedi 10 Mars

10 h - Ancienne bibliothèque des Ursulines
Café et réunion de coordination réservée aux collectifs et associations
Avec pour question centrale « Se rencontrer pour mieux lutter : quels moyens, quelles forces ? »
Auberge españole

Dès 14 h - Devant l’ancienne bibliothèque des Ursulines
Village des luttes, avec des stands tenus par des collectifs et associations, des animations (jeu des lois, criée publique, chamboule, etc.)
Goûter et vin chaud

15 h - Devant l’ancienne bibliothèque des Ursulines
« Grrrrrande tribune populaire de la justice sociale »
Par des saynètes, les acteurs des luttes et les participants feront dialoguer les luttes et jugeront des mesures politiques et économiques imposées.

17 h 30 – Départ devant l’ancienne bibliothèque des Ursulines
Carnaval à travers Lannion (parcours déclaré), venez déguisé.e.s pour finir en beauté !

En savoir plus

Page de l’événement Facebook : Agora des luttes

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Agora des luttes Lannion - Dossier de presse

Radio Debout Lannion

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